Du coup, c’est 594 millions d’euros en moins, le Gouvernement avance que cette somme n’est que le résultat d’économies ayant été réalisées… mais ces économies pourraient très bien aller au budget de l’année suivante et donc pérenniser les moyens dévolus à la transition énergétique.
Le budget de l’Etat étant voté en fin d’année précédente par le Parlement dans une loi de finances, les lois de finances rectificatives permettent, en cours d’année, de revenir dessus en adaptant à mesure (correction des prévisions initiales, changement de politique budgétaire, décisions imprévues).
Le traité de libre-échange JEFTA (2)
Le JEFTA (Japan-EU Free Trade Agreement), est un traité de libre échange entre l’Union Européenne et le Japon, il est qualifié d’accord le plus climaticide en préparation selon la Fondation Nicolas Hulot (oui oui, l’ancien Ministre de la transition écologique et solidaire), dénoncé également par l’institut Veblen.
L’idée, c’est d’exporter des produits de l’agriculture Européenne en échange de voitures japonaises notamment. Pourtant, l’UE a déjà négocié et préparé des accords avec le Canada pour consommer des produits arrivant via le CETA, de pays d’Amérique Latine avec le Mercosur. En définitive, les pays Européens exporteraient des produits agricoles vers le Japon et importerait ces mêmes produits (mais de moins bonne qualité) depuis le Canada, le Brésil.
Le Japon n’a pas de politique de pêche durable, la sur-pêche entraîne la disparition de nombreuses espèces marines. Peut-être plus grave encore, il n’y a dans l’accord aucune mention de la chasse à la baleine pratiquée au Japon. C’est en effet l’un des derniers pays au monde à autoriser le commerce et la chasse de cet animal pourtant essentiel pour l’eco-système marin et la vie sur Terre.
Glyphosate (3)
L’interdiction du glyphosate est passée aux oubliettes, promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, il a décidé de revenir dessus une fois élu. L’amendement en question, présenté par le député Matthieu Orphelin (un proche de Nicolas Hulot, dans le groupe LREM à ce moment là), visait à inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate d’ici 2021 (laissant donc un délai aux agriculteurs pour épuiser les stocks et trouver des alternatives). L’amendement a été rejeté notamment par 36 députés marcheurs… dont 3 députées qui avaient publiquement expliqué qu’elles souhaitent l’interdire ! L’une d’entre-elle votera d’ailleurs contre son propre amendement.
Mercosur (4)
L’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (accord de libre-échange en Amérique Latine) se projette essentiellement sur l’importation de bovin, d’éthanol et de viande de volaille. Cependant, l’élevage de bétail et l’expansion du soja menacent trois écosystèmes naturels très importants en Amérique latine : l’Amazonie et le Cerrado pour le Brésil, et la région du Chaco (Argentine, Brésil, Paraguay). L’élevage du bétail et l’expansion du soja sont notamment responsables de 80 % de la déforestation au Brésil entre 1990 et 2005.
En plus de produire des aliments de moins bonne qualité avec des normes sanitaires et environnementales revues à la baisse, ces produits pouvant pourtant être produits localement vont nécessiter un trafic naval encore plus important, les émissions de co2 vont donc fortement augmenter et le risque de marées noires également.
Forages de Total en Guyane (5)
Mise à jour : Total n’ayant pas trouvé de pétrole du premier coup, il leur est interdit depuis la Loi hydrocarbure (2017) de faire de nouveaux forages. Bien sûr on peut mettre ça sur le compte du ministre Nicolas Hulot, ceci dit cela serait assez hypocrite étant donné que si l’entreprise Total avait trouvé ce qu’elle cherchait elle serait aujourd’hui entrain d’effectuer ces extractions et plus de forages.
L’entreprise Total s’est vue attribuer son permis de forage au large de la Guyane : si les opérations permettaient de trouver du pétrole, le groupe pourrait procéder à quatre forages supplémentaires d’ici 2022.
Pourtant, l’Autorité environnementale s’inquiète de la « faiblesse de certains volets importants pour appréhender les impacts et les risques du projets », c’est le cas pour la toxicité des produits utilisés, l’éventualité d’une marrée noire, l’impact sur l’environnement marin.
C’est notamment un récif corallien qui est en danger au large de l’embouchure du fleuve Amazone, les forages prévus se trouvent à moins de 20km de celui-ci. Total parle de « l’existence d’un plateau rocheux discontinu avec quelques hauts-fonds […] présentant des peuplements biologiques épars ».
Aussi, l’argument démocratique est également refusé par le gouvernement, une commission d’enquête a réalisé une consultation publique qui a enregistré une participation assez large, recueillant 7183 avis dont 7173 défavorables aux forages.
Le projet Montagne d’Or en Guyane (6)
L’entreprise russe Nordgold souhaite réaliser le projet Montagne d’Or en Guyane, ce projet de mine d’or a ciel ouvert a des effets dévastateurs sur l’environnement. Une enquête de
franceinter en Guinée, où l’entreprise exploite déjà une mine d’or, nous éclaire sur l’impact social, économique et écologique de ce type d’installation.
Peu d’emplois sont crées en comparaison des bénéfices de l’entreprise, les écarts de salaires sont énormes au sein même de la mine.
COP 24 : aucun ministre présent aux négociations (7)
La COP24 est un sommet de l’ONU sur le climat, les derniers jours de la conférence sont les plus cruciaux parce que les décisions sont pressées et les pays se mettent d’accord. Aucun ministre français n’était présent à Katowice
Niche fiscale sur le biocarburant à l’huile de palme (8)
Niche fiscal du biocarburant huile de palme : « Sur tous les bancs, des députés proposaient d’exclure l’huile de palme de la niche fiscale sur les BC, rappelant que sa production est une des causes majeures de déforestation. Le gouvernement s’y est opposé. »
Reculade sur les ustensiles plastiques à usage unique (9)
Bien-sûr, les ustensiles plastiques à usage unique peuvent sembler océan dans un verre d’eau, cette affaire est cependant révélatrice de l’hypocrisie en marche.
Un pas en avant, trois pas en arrière, un sénateur LREM a déposé un amendement pour assouplir l’interdiction des objets plastiques à usage unique… le gouvernement y est favorable.
L’écologie en manteau de plumes (10)
De Rugy l’écolo en manteau de plumes ? Ouverture de la chasse aux oies cendrées jusqu’au 28 fev. : ces Oies qui « ne causent pas de dégâts aux cultures et sont difficilement différenciables de nuit ». Quel avenir pour la biodiversité…
Le Gouvernement renonce à diviser ses émissions de GES (11)
L’assemblée Nationale fait sauter l’interdiction de certains pesticides (12)
L’interdiction de production, du stockage et de la vente de certains produits phytopharmaceutiques destinés à des pays tiers et dont certaines substances font l’objet d’interdiction au sein de l’Union Européenne était votée pour 2022 dans la Loi agriculture et alimentation (Egalim). Suite à une suppression de la disposition par le Sénat (à majorité LR), la majorité En Marche a préféré la repousser à 2025, prévoyant même des dérogations pour certaines entreprises.
Cette décision a été qualifiée de « compromis » par le rapporteur Roland Lescure (LaREM) et saluée par la secrétaire d’Etat à l’économie, Agnès Pannier-Runacher.
Baisse d’effectif pour le ministère de la transition écologique et solidaire (13)
Le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire (MTES) n’est pas dans les priorités du Gouvernement. Ce ministère subit des baisses d’effectif depuis 10 ans déjà, pour notre champion de la Terre, des baisses d’effectifs de 996 employés en 2017, de 1345 en 2018 et le Projet de Loi de Finances de 2019 prévoit une petite réduction de 1078 employés. Certains prétexteront que la qualité prime sur la quantité, il n’empêche que l’urgence écologique demanderait les deux.
Les perles (infinitam)
-Le député LREM François Michel-Lambert qui nous explique que « Les enjeux écologiques sont reportés ou minorés. Ce gouvernement semble plus préoccupé par la dette publique que par la dette écologique ».
-Nicolas Hulot démissionnant du gouvernement en août 2018 : « je ne veux plus me mentir », « On s’évertue à entretenir un modèle économique cause de tous ces désordres climatiques. », il se dit « tout seul à la manœuvre » sur les enjeux environnementaux au sein du gouvernement. Dénonce la présence de Thierry Coste, lobbyiste pro-chasse proche d’Emmanuel Macron, lors de réunion à l’Elysée sur la réforme de ce loisir, lundi 27 août soir.