Dans le système politique actuel, les partis politiques avancent les frais de campagne avec leur propre trésorerie (dons, cotisations), ils se font rembourser leurs frais de campagne après validation des comptes. Dans ce système, tous les partis politiques sont donc obligés de contracter un emprunt auprès des banques pour ensuite se faire rembourser quelques mois après la campagne, sous réserve d’un seuil minimum d’électeurs (fixé à 5% pour les présidentielles, 3% pour les européennes).
De fait, si une banque refuse de prêter de l’argent à tel ou tel parti, celui se retrouve amputé de la majeure partie de sa force d’action pour la campagne à venir. Les banques se faisant une petite marge sympathique sur l’emprunt contracté (et remboursé par l’État, donc par l’argent du contribuable) on peut penser qu’elles acceptent d’accorder des prêts à tout parti « sûr » d’obtenir le seuil minimum et donc de les rembourser.
Pourtant, le Rassemblement National et la France Insoumise n’ont pas obtenu de prêt de la part des banques françaises. Alors que le RN est sûr de faire un score raisonnable et de rembourser ses frais de campagne et que la France Insoumise a quand même de fortes chances de dépasser les 3% aux européennes. On peut penser que les banques ne souhaitent pas faire le prêt par peur pour leur image, on peut aussi penser qu’elles font purement un choix partisan.
Quoi qu’il en soit, il semble inacceptable en Démocratie que les banques puissent décider de qui fera campagne et qui ne le fera pas, d’autres systèmes de financement des partis sont proposés, l’économiste Julia Cagé propose par exemple un bon pour l’égalité démocratique de 7eur que chaque français peut attribuer au parti ou au mouvement de son choix lors de sa déclaration de revenu. Ainsi, chaque parti est mis sur un pied d’égalité (En Marche ne pourrait pas recevoir les 7500 eur de dons de ses généreux donateurs chaque année) et peut agir en fonction du nombre de gens qui adhérent à sa mouvance et à ses idées politiques.
En attendant, la France Insoumise a lancé une campagne dite d’emprunt populaire qui a atteint le plafond d’emprunt auprès de particuliers fixé à 45% du taux de remboursement maximum c’est à dire 2 millions d’euros en une semaine. Le Rassemblement National s’est rendu compte que c’était possible et a emboîté le pas avec le sien et il semblerait que Nicolas Dupont-Aignan souhaite suivre l’idée.
